Chirurgie hémorroïdaire
Intervention de Milligan et Morgan
I/ L’intervention
De multiples techniques existent afin de traiter la pathologie hémorroïdaire. Cette procédure, à l’inverse des techniques modernes « mini-invasives », est la seule visant à retirer la quasi-totalité du tissu hémorroïdaire interne et externe. Elle réalise 3 plaies opératoires au niveau de la marge et du canal anal qui sont volontairement laissées ouvertes afin d’éviter tout risque d’infection.
II/ Préparation à l’intervention
Il n’existe ni préparation digestive ni régime alimentaire particulier.
La durée du jeune pré-opératoire dépend de l’anesthésiste et vous sera explicitée par celui-ci.
III/ Le jour de l’intervention
L’intervention est pratiquée soit en ambulatoire (le patient rentre le matin et ressort accompagné d’un proche le jour même), soit au cours d’une courte hospitalisation (1 nuit). Elle dure entre 30 minutes et 1 heure. L’anesthésie (à votre choix) peut être générale ou loco-régionale (rachianesthésie).
IV/ Suivi post-opératoire
Des soins post-opératoire à réaliser vous-même seront nécessaires à la bonne cicatrisation des plaies (bains de siège bétadinés et passage de pommade cicatrisante au niveau de la marge anale et dans le canal anal). Les modalités précises vous seront expliquées le jour de la chirurgie. Il est normal que ces plaies suintent. L’écoulement peut être coloré (jaune, vert, marron) et ne doit pas être confondu avec du pus. Des traces de sang peuvent s’observer sur les pansements ou sur les selles.
Des consultations post-opératoires seront nécessaire jusqu’à la cicatrisation totale des plaies (environ 6 à 8 semaines) et seront fixés par votre chirurgien. Une ordonnance vous sera remise avec les médicaments nécessaires. Un arrêt de travail sera réalisé (au moins 15 jours) si besoin.
La douleur est la principale complication de l’intervention. Elle varie d’un patient à l’autre mais est en général importante notamment dans les 3 semaines après la chirurgie. Des médicaments antidouleurs et anti-inflammatoires sont prescrits de manière systématique. N’hésitez pas à contacter votre chirurgien si la douleur est trop importante car une modification de ce traitement peut être nécessaire.
Une constipation post-opératoire est fréquente (stress, médicaments, anesthésie) et est prévenue par la prescription initiale systématique de laxatifs doux.
Un saignement post-opératoire est possible durant les 3 premières semaines après l’opération et survient chez moins de 5 % des patients. Un traitement local peut suffire (pansement compressif par exemple) mais parfois il est nécessaire d’effectuer un geste chirurgical complémentaire pour arrêter le saignement. Ce risque explique pourquoi il est vivement conseillé de s’abstenir de voyager loin d’un centre de santé dans les 21 jours suivant l’opération.
La sténose anale (rétrecissement), concerne également moins de 5% des opérés. Elle survient exclusivement en l’absence de soins post-opératoires bien réalisés. Elle peut être traitée médicalement par des pommades à base de cortisone ou dans de rares cas nécessiter un geste chirurgical complémentaire.
Les troubles de la continence (difficultés à retenir les gaz ou les matières) ont une fréquence mal évaluée mais sont rares en l’absence de facteurs de risque. Très souvent ils sont transitoires, dus aux plaies et à la prise de laxatifs, mais ils régressent ou s’améliorent après cicatrisation.